Introduction
Les émotions font partie intégrante du quotidien des enfants… comme du nôtre. Pourtant, face à une crise de colère, une peur soudaine ou une grande tristesse, il n’est pas toujours évident de savoir comment réagir. Faut-il apaiser, expliquer, détourner l’attention ? Avant de vouloir “gérer”, encore faut-il comprendre ce que vivent réellement nos enfants. Cet article vous propose de mieux décrypter les émotions et d’accompagner votre enfant avec justesse, bienveillance et simplicité.
Sommaire
Comprendre les émotions
Commençons par là: c’est quoi une émotion ? Qu’est-on est en train de vouloir gérer ?
Une émotion est une réaction physiologique à un stimulus—un déclencheur qui peut venir de l’extérieur ou de l’intérieur de nous: un événement, une interaction, même juste une pensée ou un souvenir…
Quelque chose se passe qui vient rencontrer et toucher notre structure psycho-physique (notre état et besoins du moment, ainsi que nos croyances et valeurs profondes), et cela produit cette réaction que l’on appelle « émotion ». Elle dure quelques secondes, et elle configure immédiatement l’organisme pour répondre à la situation perçue selon nos ressources intérieurs du moment.
En Communication Non-Violente, on dit que l’émotion est une messagère, et que le message qu’elle véhicule est un besoin. On a 4 émotions de base: la joie, la colère, la peur et la tristesse. Même si trois de ces émotions sont désagréables, en comprenant leurs messages on peut voir qu'elles ne sont pas négatives. Contrairement à l'image que l'on a d'elles, elles sont utiles et indispensables pour une vie authentique et fonctionnelle.
Les différents types d'émotions
Décortiquons.
Le message de la joie est « je suis bien là, cette situation me plaît, j’ai envie de la célébrer, de la prolonger ou de la reproduire ! ». La joie dispose le corps à cette envie en lui donnant de l’énergie, de l’ouverture et de l’encouragement pour avancer.
Quand on ressent de la colère, en revanche, le corps irradie aussi mais pas dans l’ouverture; la colère impose une affirmation de soi qui repousse l’autre pour protéger notre propre espace, parce-que son message est « j’ai besoin que ça s’arrête ! Tu as dépassé mes limites, je trouve que cette situation est injuste pour moi ».
La peur, elle, peut aussi nous amener à nous battre, mais elle nous propose en plus d’autres stratégies de défense: la fuite, la paralysie, la sur-adaptation (l’attitude de faire plaisir pour éviter une situation encore pire); le corps se ferme, se fait petit, et le message est clairement « je me sens en danger, j’ai besoin d’assurer ma sécurité ».
Si la peur fait tout son possible pour contrôler la situation et nous sauver, la tristesse—avec sa fermeture corporelle, sa tendance à ralentir et à déposer notre poids et nos larmes sur place—, est une invitation à lâcher prise, à laisser aller quelqu’un ou quelque chose qui était visiblement important pour nous; son message dit « j’ai besoin de prendre du temps pour accepter et intégrer l’absence de ce ou ceux que j’aime ou que j’espérais ».
À partir de cette lecture des émotions, on peut facilement les valoriser.
Mais, si l’émotion est censée durer quelques secondes, pourquoi, tellement souvent, elle peut durer des heures, des jours, des semaines… et même des années ?
C'est soit parce que le stimulus ne s'arrête pas. Auquel cas si l'émotion est désagréable on doit probablement trouver une façon de sortir de la situation de vie où l'on est. Soit parce qu'à cette réaction physiologique on ajoute de la pensée. On interprète et on crée un récit, alimenté par nos expériences passées, nos croyances et nos valeurs. Et, à chaque fois que l’on se raconte l’histoire dans la tête, l’organisme y réagit encore et encore. L’histoire mentale donne à l’émotion un sens qui la fait revivre; c’est la transformation de l’émotion en « sentiment ». L’accumulation de sentiments désagréables provoque de la souffrance.
Apprendre à gérer ses émotions
Alors, comment gérer tout ça ?
Aujourd’hui on parle beaucoup de gestion émotionnelle. Dans la culture de la productivité—baignée dans le stress, qui est de la peur devenue chronique—, on veut contrôler, gérer, souvent neutraliser; on veut faire. Mais, pour savoir quoi faire des émotions et des sentiments, il faut d’abord être capable de les accueillir… On rentre dans le domaine du savoir être. Une domaine qui demande de la présence, de l’attention consciente, du temps et de la disponibilité pour être avec ce qui émerge. Et, pour pouvoir accueillir les émotions de nos enfants, on doit être là pour les nôtres aussi.
Accueillir et valider l’émotion, puisqu’elle répond toujours à un besoin réel et légitime pour nous, est le début d’une régulation merveilleuse dont l’organisme s’occupe sans que l’on ait autant à faire: plus on laisse l’expérience corporelle être et livrer son message, plus on a la possibilité de le signifier correctement, plus l’émotion descend ayant complété son cycle, et plus on est en état de trouver des actions simples et adaptées pour satisfaire nos besoins.
Voici donc une proposition pas à pas pour accompagner les émotions de l’enfant… et pour mieux vivre les nôtres (surtout quand on est impliqué/es dans la situation difficile!):
Les 5 étapes pour mieux gérer ses émotions
- Accueillir: donner de la place à l’émotion, ne pas l’estomper; se laisser traverser par les sensations qu’elle amène même quand elles sont désagréables. Pour accompagner l’enfant à ce faire, c’est important de l’aider à prendre conscience de ce qu’elle/il ressent physiquement et à mettre des mots sur les émotions présentes. Focaliser sur les sensations corporelles précises et les émotions, qui peuvent se modifier pendant l’expérience d’accueil, et les nommer ensemble.
- Valider: écouter l’expérience et le récit de l’enfant, en comprenant l’importance qu’elles ont pour elle/lui, et restituer cette compréhension. « J’entends qu’il s’est passé _______ et que tu ressens _______. Je comprends que tu ressentes ________ parce que, pour toi, ça veut dire ________. »
- Appliquer des techniques de régulation émotionnelle: il faut se libérer du cocktail chimique et hormonal qui soutient l’émotion à travers des actions physiques concrètes, que l’on peut faire avec l’enfant. Expliquer que l’on ne peut pas agir de façon violente envers les autres ni envers nous-mêmes, pour ne pas se faire mal, et proposer des alternatives. Pour la colère (comme pour la joie devenue agitation), le mouvement physique et la vocalisation sont fondamentales—on peut courir, taper rythmiquement des pieds ou taper sur un coussin, faire de la percussion corporelle, crier ou chanter ensemble, pousser le mur pendant que l’on souffle plusieurs fois… Pour la tristesse et la peur, un câlin et pleurer peuvent être les solutions magiques. Pour toutes les émotions c’est très constructif de respirer consciemment en prolongeant les expirations, et de dessiner ou écrire ce qui nous arrive. Le boîtier Elio de Morphée nous offre une source d’apaisement à travers les séances guidées de sophrologie. (À ne pas oublier, surtout en prévention: bien manger, boire et dormir sont les bases pour une régulation générale optimale.)
- Ajuster le récit: pour éviter la cristallisation de mauvais sentiments, une fois retrouvée une certaine sérénité, et peut-être à travers un dialogue avec les autres personnes impliquées dans la situation-déclencheur, vérifier si l’histoire que l’enfant s’est fait dans la tête correspond à la réalité. Si ce n’est pas le cas, l’aider à comprendre les intentions, besoins, responsabilités et limitations de chacun, et à donner un sens plus ajusté à la situation globale. Si le récit de l’enfant coïncide avec la réalité (si c’est vrai, par exemple, que telle personne ne l’aime pas ou ne veut pas jouer avec elle/lui), accompagner le deuil tout en créant ensemble un récit réaliste qui assure quand même la valeur et l’estime de l’enfant, indépendantes de cette situation. Aider l’enfant à ressentir la puissance que donne le fait de faire de son mieux dans ce qui dépend de soi, permettant de lâcher prise sur le reste. Dans tous les cas, réfléchir ensemble à un comportement fonctionnel et adapté à la situation. Normalement, l’accueil profond aura beaucoup facilité la gestion du comportement. Et c’est là où Elio vient à l’aide aussi, à travers des histoires qui nous invitent à s’identifier avec le personnage, empathiser et s’inspirer de ses décisions.
- Réaliser une expérience agréable, constructive et de connexion: proposer un jeu ou une autre expérience qui apporte de la joie et de la connexion, pour que, au niveau pratique, elle/il puisse se sentir aimé/e et ancrer le ressenti de sa puissance et de sa joie.
Conclusion
Aider son enfant à gérer ses émotions demande de la pratique, à tout âge! C’est un voyage à faire ensemble dans la gentillesse, la bienveillance et la patience. Morphée nous donne un support précieux à essayer.
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